Dix apprenants dans le son !






Suite à la projection du film documentaire « l'esprit des lieux », dans le dispositif « cinéma lycéen », Anne Chabert, coordinatrice du projet « re-dessine moi un jardin », a trouvé l'idée lumineuse d'inviter certains protagonistes du film et de construire cette action .

Dix élèves et étudiants, sélectionnés pour leur motivation, et issus des 4 cycles du lycée Schattenmann de Bouxwiller (collège, CAP, Bac Pro, BTS) ont passé trois jours à la Maison de l’Eau et de la Rivière (MER) de Frohmuhl pour une expérience hors du commun autour des sons naturels.

Les dix jeunes étaient accompagnés de 3 de leurs enseignants ainsi que de 2 professionnels : Marc Namblard (audio-naturaliste) et Anthony Laguerre (compositeur et ingénieur du son). Anne Chabert, vidéaste, assistée de son stagiaire Jean Cousseau, étaient aussi présente afin de proposer une captation video du séjour.

Après les présentations, la journée de vendredi a été consacrée, dans sa première partie, à la présentation des métiers liés au son (bio-acousticien, éco-acousticien et audio-naturaliste notamment), ainsi qu’à divers exposés théoriques. M. Laguerre a expliqué le principe physique du son, qu’il s’agissait d’une vibration d’air, laquelle, après avoir atteint le tympan, entrait dans l’oreille, passait à travers divers organes avant d’être transformé en sensation dans le cerveau. Ensuite, M. Namblard a proposé un historique de l’enregistrement rappelant que la captation du premier son animalier datait de 1889. Enfin, les deux professionnels ont proposé les premières activités pratiques : prise en main des micros (omnidirectionnels, cardioïdes et parfois munis d’une parabole) dans les abords de la MER.

Le premier soir, une première sortie de repérage a eu lieu. Le groupe a effectué une promenade crépusculaire autour de l’étang du Donnenbach afin de se sensibiliser au chant des oiseaux (merles, grives, rouges-gorges, etc) et possiblement à leur stratification, c’est-à-dire identifier dans la mesure du possible, à quelle hauteur ils se situent ; les espèces se distribuant diversement, qui dans la canopée, qui à de moindres hauteurs. Cette sortie a aussi permis « d’entendre » les chauve-souris pratiquer leurs ultra-sons grâce à une batbox, ainsi que croiser de beaux spécimens de batraciens : grenouille forestière, crapaud, salamandre.

Les jours deux suivants ont été consacrés à l’enregistrement de sons naturels à l’aube, en journée ou via la pose de micros-pièges en nocturne. Toute captation audio nécessite ensuite de longues plages de « dérushage », opération consistant à trier les pistes enregistrées, à les identifier et à les nettoyer des bruits parasites. Les élèves ont participé activement à toutes ces séquences de travail parfois en autonomie, souvent en binômes et toujours sous l’œil attentif et bienveillant des deux professionnels. Quelques sonorités insolites ont égayé ces moments, notamment celles de cohortes de têtards se régalant de pollen (captation obtenue grâce à un hydrophone) ou encore celle d’un scarabée se déplaçant sur l’humus et grignotant des feuilles.

Les élèves et étudiants ont ensuite beaucoup travaillé sur leurs pistes sonores en modifiant les sons, en les superposant, en les mixant. L’objectif final était la création de pistes musicales d’une durée d’environ 4 minutes construite uniquement à partir des sons prélevés autour du site.

Dimanche, en fin d’après-midi, toute l’équipe a pu écouter de conserve les créations sonores de chacun des 10 stagiaires. Cette séquence « écoute » a révélé de très belles surprises de la part de ces artistes en herbe !

Notez qu’ils pourront encore travailler cette matière sonique dans les jours à venir avant d’en proposer une diffusion grand public le 3 juin à 18h30 sur la place du Château à Bouxwiller dans le cadre des festivités de « re-dessine moi un jardin ».